Le passage du capitalisme au communisme ne peut évidemment manquer de fournir une grande abondance et une large diversité de formes politiques, mais leur essence sera nécessairement une : la dictature du prolétariat.
Lénin
e, l'Etat et la révolution (1917)

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(Ce tract est une réponse à un mail envoyé au comité de mobilisation de Lyon 2, dans lequel la ligne de notre organisation était mise en cause - la réponse porte sur cette critique: à savoir la lutte des classe comme moteur du mouvement, la nécessité d'une structuration du mouvment et la nécessité d'une ligne politique marxiste et sur le rôle d'une organisation comme la notre dans un tel mouvment)

Nous, JCML, considérons que des idées fausses et étant en contradiction avec l’essence même mouvement de lutte auquel nous participons circulent au sein de celui-ci : la lutte des classes est au cœur du mouvement étudiant et sa structuration est nécessaire à sa victoire. Nous sommes porteurs d’une théorie politique qui guide notre action au sein des organisations syndicales.

La lutte des classes, le moteur du mouvement

 En ce qui concerne la lutte des classes, nous affirmons qu’elle est le moteur du mouvement en cours. En effet, sans lutte des classes, pourquoi il y aurait il besoin d’un mouvement ? Pourquoi les membres du gouvernement auraient ils intérêt à imposer des réformes réactionnaires visant à soumettre l’éducation aux intérêts capitalistes ? Pourquoi les étudiants s’opposeraient ils sur ces réformes si leur mobilisation était uniquement corporatiste ? Nous sommes contre une sélection formelle à l’entrée de l’université, contre la mise en concurrence des filières en fonction de leur rentabilité car nous avons des intérêts de classe à défendre. Ce sont des contradictions de classe qui expliquent que nous avons à repousser les assauts d’étudiants bien nourris, bien habillés, bien propres sur eux, en les appelant fascistes, tandis qu’eux nous crient d’aller à l’ANPE.
Effectivement, la bourgeoisie tend à nier l’existence des classes sociales. Elle coopte une partie du peuple, de l’aristocratie ouvrière, en lui permettant de profiter des bénéfices qu’elle tire de l’impérialisme, de l’exploitation des classes populaires des pays dominés. Dire qu’il n’y a plus de contradictions en France, c’est soutenir implicitement l’impérialisme français. La bourgeoisie tient un discours polarisant la société autour du couple inclus/exclu, pour rompre la chaîne continue des rapports de domination. L’augmentation de la part d’employés par rapport aux OS, les méthodes de management, la précarisation, atomisent les classes populaires. Mais ces transformations subjectives de la société ne remettent pas en cause les inégalités, la proportion de prolétaires dans la société française. De même, la bourgeoisie, bien que confortablement cachée derrière l’anonymat des fonds de pension, existe encore bel et bien et représente des individus.
Accepter le discours bourgeois tendant à cacher les inégalités de classe, c’est se priver de tous moyens d’agir, c’est capituler. Nous nous positionnons à l’intérieur de la lutte de classes, nous ne défendons pas « l’Education » mais l’intérêt des classes populaires au sein de l’université.
 
La structuration, une nécessité pour la victoire

 D’autre part, en ce qui concerne l’organisation du mouvement, nous sommes en effet pour sa massification, sa structuration démocratique et donc pour un comité de grève. Nous devons en effet entraîner dans la lutte l’ensemble des étudiants de classe populaires et ceux qui souhaitent les défendre. Les masses sont les véritables héros et dans la lutte et par elle, elles prennent conscience de leurs intérêts de classe. Elles seules sont à même de faire plier la bourgeoisie minoritaire. Une fois le mouvement sur la pente descendante, elles viennent renforcer les organisations de classe qui ont tenu une ligne juste lors de celui-ci. D’autre part, seule la structuration du mouvement permet d’assurer sa démocratisation. Il faut que les assemblées générales soient le lieu de lutte de ligne où les contradictions sont exposées. Elles permettent de les résoudre si elles sont non antagoniques : ainsi, les indécis atomisés peuvent être entraînés dans la grève et dans l’action collective. Obéir aux décisions prises collectivement en assemblée générale est essentiel car sans cela, c’est la dictature des opportunistes et le musellement de la volonté des masses. C’est l’organe le plus démocratique : même sans prise de parole, chacun participe à la décision. Enfin, il est nécessaire que le mouvement aie une direction élue et révocable pour que l’Assemblée puisse avoir un contrôle total de l’exécution de ses décisions et que celles ci soient effectives.
 
Le rôle de la JCML dans le mouvement étudiant

La JCML reconnaît pleinement le fait de suivre le « programme prolétarien » de Marx et ne nie pas non plus son héritage historique. Nous reconnaissons pleinement le fait de parler des classes populaires, de la lutte des classes, de l’impérialisme, et de faire la promotion du socialisme et de sa mise en place par une révolution.
De plus, nous considérons que la ligne que nous avons tenue est cohérente dans le cadre d’une lutte globale contre les capitalistes et les impérialistes, tout en considérant que le mouvement LRU-bis n’aboutira pas à une révolution visant à faire s’effondrer le capitalisme et à instaurer une république populaire ou tout autre régime démocratique. Cela ne remet pas en cause l’importance de la lutte que nous menons dans un cadre de front uni avec nos camarades mobilisés contre ces réformes.
La JCML lutte contre les réformes de la part du gouvernement. Nous considérons que celles-ci, derrière leur aspect sectoriel, sont reliées et sont un plan d’attaque préparé et conscient des capitalistes financiers et industriels contre le prolétariat et les classes populaires. Le front de lutte du secteur de l’éducation forme l’une des citadelles de la résistance à l’offensive générale bourgeoise. Cependant nous n’avons jamais cherché à misérabiliser les étudiants ou à les faire passer pour la part la plus victime de l’exploitation. Ceci car nous refusons la démagogie. Dans cette optique, nous n’avons jamais non plus hésité à dénoncer les idées fausses et à chercher à les corriger ou à dénoncer l’opportunisme conscient de la part de ceux qui les propagent.
Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /2009 10:34
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