(Ce tract est une réponse à un mail envoyé au comité de mobilisation de Lyon 2, dans lequel la ligne de notre organisation était mise en cause - la réponse porte sur cette critique: à savoir
la lutte des classe comme moteur du mouvement, la nécessité d'une structuration du mouvment et la nécessité d'une ligne politique marxiste et sur le rôle d'une organisation comme la notre dans un
tel mouvment)
Nous, JCML, considérons que des idées fausses et étant en contradiction avec l’essence même mouvement de lutte auquel nous participons circulent au sein de celui-ci : la lutte des classes est au
cœur du mouvement étudiant et sa structuration est nécessaire à sa victoire. Nous sommes porteurs d’une théorie politique qui guide notre action au sein des organisations syndicales.
La lutte des classes, le moteur du mouvement
En ce qui concerne la lutte des classes, nous affirmons qu’elle est le moteur du mouvement en cours. En effet, sans lutte des classes, pourquoi il y aurait il besoin d’un mouvement ?
Pourquoi les membres du gouvernement auraient ils intérêt à imposer des réformes réactionnaires visant à soumettre l’éducation aux intérêts capitalistes ? Pourquoi les étudiants s’opposeraient
ils sur ces réformes si leur mobilisation était uniquement corporatiste ? Nous sommes contre une sélection formelle à l’entrée de l’université, contre la mise en concurrence des filières en
fonction de leur rentabilité car nous avons des intérêts de classe à défendre. Ce sont des contradictions de classe qui expliquent que nous avons à repousser les assauts d’étudiants bien nourris,
bien habillés, bien propres sur eux, en les appelant fascistes, tandis qu’eux nous crient d’aller à l’ANPE.
Effectivement, la bourgeoisie tend à nier l’existence des classes sociales. Elle coopte une partie du peuple, de l’aristocratie ouvrière, en lui permettant de profiter des bénéfices qu’elle tire
de l’impérialisme, de l’exploitation des classes populaires des pays dominés. Dire qu’il n’y a plus de contradictions en France, c’est soutenir implicitement l’impérialisme français. La
bourgeoisie tient un discours polarisant la société autour du couple inclus/exclu, pour rompre la chaîne continue des rapports de domination. L’augmentation de la part d’employés par rapport aux
OS, les méthodes de management, la précarisation, atomisent les classes populaires. Mais ces transformations subjectives de la société ne remettent pas en cause les inégalités, la proportion de
prolétaires dans la société française. De même, la bourgeoisie, bien que confortablement cachée derrière l’anonymat des fonds de pension, existe encore bel et bien et représente des
individus.
Accepter le discours bourgeois tendant à cacher les inégalités de classe, c’est se priver de tous moyens d’agir, c’est capituler. Nous nous positionnons à l’intérieur de la lutte de classes, nous
ne défendons pas « l’Education » mais l’intérêt des classes populaires au sein de l’université.
La structuration, une nécessité pour la victoire
D’autre part, en ce qui concerne l’organisation du mouvement, nous sommes en effet pour sa massification, sa structuration démocratique et donc pour un comité de grève. Nous devons en effet
entraîner dans la lutte l’ensemble des étudiants de classe populaires et ceux qui souhaitent les défendre. Les masses sont les véritables héros et dans la lutte et par elle, elles prennent
conscience de leurs intérêts de classe. Elles seules sont à même de faire plier la bourgeoisie minoritaire. Une fois le mouvement sur la pente descendante, elles viennent renforcer les
organisations de classe qui ont tenu une ligne juste lors de celui-ci. D’autre part, seule la structuration du mouvement permet d’assurer sa démocratisation. Il faut que les assemblées générales
soient le lieu de lutte de ligne où les contradictions sont exposées. Elles permettent de les résoudre si elles sont non antagoniques : ainsi, les indécis atomisés peuvent être entraînés dans la
grève et dans l’action collective. Obéir aux décisions prises collectivement en assemblée générale est essentiel car sans cela, c’est la dictature des opportunistes et le musellement de la
volonté des masses. C’est l’organe le plus démocratique : même sans prise de parole, chacun participe à la décision. Enfin, il est nécessaire que le mouvement aie une direction élue et révocable
pour que l’Assemblée puisse avoir un contrôle total de l’exécution de ses décisions et que celles ci soient effectives.
Le rôle de la JCML dans le mouvement étudiant
La JCML reconnaît pleinement le fait de suivre le « programme prolétarien » de Marx et ne nie pas non plus son héritage historique. Nous reconnaissons pleinement le fait de parler des classes
populaires, de la lutte des classes, de l’impérialisme, et de faire la promotion du socialisme et de sa mise en place par une révolution.
De plus, nous considérons que la ligne que nous avons tenue est cohérente dans le cadre d’une lutte globale contre les capitalistes et les impérialistes, tout en considérant que le mouvement
LRU-bis n’aboutira pas à une révolution visant à faire s’effondrer le capitalisme et à instaurer une république populaire ou tout autre régime démocratique. Cela ne remet pas en cause
l’importance de la lutte que nous menons dans un cadre de front uni avec nos camarades mobilisés contre ces réformes.
La JCML lutte contre les réformes de la part du gouvernement. Nous considérons que celles-ci, derrière leur aspect sectoriel, sont reliées et sont un plan d’attaque préparé et conscient des
capitalistes financiers et industriels contre le prolétariat et les classes populaires. Le front de lutte du secteur de l’éducation forme l’une des citadelles de la résistance à l’offensive
générale bourgeoise. Cependant nous n’avons jamais cherché à misérabiliser les étudiants ou à les faire passer pour la part la plus victime de l’exploitation. Ceci car nous refusons la démagogie.
Dans cette optique, nous n’avons jamais non plus hésité à dénoncer les idées fausses et à chercher à les corriger ou à dénoncer l’opportunisme conscient de la part de ceux qui les propagent.