A télécharger ici


Voici le compte-rendu de la deuxième séance de notre cycle de formation.
Le thème est:l'impérialisme.
Qu'est-ce que l'impérialisme? D'où provient-il? Pourquoi est-il le stade suprême du capitalisme? Pourquoi est-il aussi l'époque des révolutions?
D'abord le compte-rendu de la sénace:
http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/33/32/21/cr_imp-rialisme.doc
Ici un lexique pour l'accompagner:
http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/33/32/21/lexique_imp-rialisme.doc
Nous donnerons bientôt le compte-rendu de la troisième séance sur la révolution violente.
Prochaine étape: le syndicalisme, mercredi 26 mars, fac de lyon 2 - Quais, 16h30
Bonne lecture!
Compte-rendu de la 1ère séance
La lutte des classes
documents en pdf sur les liens suivants:
http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/33/32/21/Mao_tse_toung.pdf
http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/33/32/21/cr_lutte_des_classes.pdf
http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/33/32/21/manifeste.pdf
I L’exploitation
L’exploitation n’est pas due au fait que l’on est pauvre, que l’on a plus ou moins d’argent à la fin du mois, ou que le travail est plus ou moins pénible. Ce qui fait que l’on est exploité c’est que le capitaliste réalise une plus-value sur notre travail.
Pour comprendre ce qu’est la plus-value, il faut comprendre ce qu’est le salaire.
Le salaire a trois aspects :
Plus le salaire relatif augmente plus la plus-value diminue. Et inversement, plus le salaire relatif diminue, plus la plus-value augmente.
Le salaire n’est pas constitué au hasard. Il est le prix de la marchandise ‘force de travail’ vendue par le prolétaire pour subvenir à ses besoins.
Son montant est constitué de ce qui est nécessaire en gros pour reproduire la force de travail (frais de nourriture, logement, etc)
Si dans une journée de 8 heures, il touche 50 euros, mais qu’il crée pour 100 euros de valeur ajoutée, alors la plus value est de 50 euros. Le travailleur aura bossé 4 heures pour lui, et 4 heures pour le profit de son capitaliste.
Si il est payé 60 euros mais qu’il a créé 140 euros de valeur ajoutée, l’exploitation de son travail aura augmenté et il aura créé plus de plus-value pour le capitaliste. Il aura bossé plus pour le patron gratuitement.
Dans toutes les entreprises, les ouvriers sont exploités. Seul le niveau de l’exploitation peut varier d’un patron à un autre. Mais l’exploitation est intrinsèque au capitalisme. En effet, le but du capitaliste c’est d’accumuler du capital et le capital provient de la plus-value donc de l’exploitation.
Plus le capitaliste accumule de capital, plus il exploite ses salariés.
Pourquoi le capitaliste peut-il exploiter le prolétaire ?
Car il détient les moyens de production. Le prolétaire est précisément celui qui ne possède rien d’autre que sa force de travail pour satisfaire ses besoins.
Le capitaliste apporte les capitaux (machines, matières premières, etc) qu’il a acheté en accumulant la plus value, le prolétaire apporte sa force de travail. Pendant le travail, la force de travail n’appartient plus au prolétaire, puisqu’il l’a vendue au capitaliste contre un salaire. Le capitaliste garde lui la possession des moyens de production.
Le travail crée un nouveau produit, vendu au delà du prix qu’il a coûté à produire, le capitaliste se garde la différence, son capital s’accroît et il peut recommencer à une plus large échelle.
S’il n’avait pas la propriété des moyens de production il ne serait pas capitaliste.
Ce qui permet donc l’exploitation, c’est la propriété privée.
II. Deux classes antagonistes
Si le prolétariat est moins exploité, il rapporte moins à la bourgeoisie.
Si la bourgeoisie fait plus de profit, c’est qu’elle exploite plus le prolétariat.
L’accumulation du capital étant le but du capitalisme, dans le capitalisme, tout ce qui va dans l’intérêt du prolétariat se fait au détriment de la bourgeoisie et tout ce qui va dans le sens de la bourgeoisie nuit au prolétariat.
Ces deux classes sont donc antagonistes. Leurs intérêts sont inconciliables, c’est l’une ou l’autre.
C’est la contradiction principale de la société capitaliste. Toutes les autres contradictions ne sont que des dérivées de celle-ci : il n’y a rien dans la société qui soit au dessus de cette opposition, sans rapport avec celle-ci. Rien n’échappe à la lutte des classes.
Capitalisme et libéralisme
Les idées non plus n’échappent pas à la lutte des classes. Chaque classe développe son idéologie : l’ensemble des idées qui correspondent à leur intérêt de classe.
Le libéralisme est ainsi l’une des principales idéologies de la bourgeoisie. On confond souvent libéralisme et capitalisme, tant le libéralisme est prisé par les bourgeois.
Mais il faut distinguer les deux : le capitalisme est un système, la bourgeoisie la classe dominante dans ce système, le libéralisme son idéologie classique.
Les anti-libéraux pointent du doigt le libéralisme mais pas le capitalisme. Ils s’attaquent ainsi au symptôme plus qu’au syndrome, à l’idée plus qu’à la matière.
Mais d’autres idéologies au service de la bourgeoisie existent : le réformisme, le fascisme, etc.
Le capitalisme implique un état de crise : la bourgeoisie doit donc faire des entailles à ses principes si répétés (libertés individuelles, etc) et prendre parfois des mesures d’exception.
III Quelles sont les classes sociales en France ?
En France il y a différentes classes. Certains veulent tout simplifier et déclarent qu’il y a les salariés d’un coté et les actionnaires de l’autre. Pour la LCR, par exemple, tous les salariés sont des prolétaires. Alors il faut en conclure que le PDG de telle ou telle boite est un prolo. Les choses sont plus compliquées et pour avoir une stratégie juste, il faut savoir de quoi est faite la société française.
Le prolétariat.
Il est constitué des ouvriers d’industrie qui forment le cœur du prolétariat. Et des employés, par leur position sociale. Mais contrairement aux ouvriers, les employés ne forment pas de plus-value. Ils jouent le rôle d’auxiliaires dans la production. Ils ne sont pas à la production de la plus value mais dans la distribution de celle-ci. Ils sont prolétaires dans la mesure où ils n’ont pas de propriété privée mais n’ont que leur force de travail (ex : gardiens, employés de bureau, etc).
L’aristocratie ouvrière.
Elle a des conditions meilleures, elle est ainsi largement influencée par la petite bourgeoisie. Formée généralement d’employés, ils ont des revenus supérieurs à la moyenne :
on les retrouve largement bien placés dans les syndicats. Elle profite des surplus récupérés de l’impérialisme.
La petite bourgeoisie.
La petite bourgeoisie intellectuelle : professions intellectuelles, profs, chercheurs.
La petite bourgeoisie commerçante : ses membres ne sont pas exploités bien qu’ils puissent être pauvres. Mais ils disposent d’un petit capital et ne sont donc pas des
prolétaires.
Le lumpen-proletariat (sous-prolétariat).
Ce sont les exclus, les chômeurs exclus très largement du travail, ils ne disposent de rien et vivent de la charité ou de l’aide sociale.
La bourgeoisie :
Les chiens de la bourgeoisie :
Ce sont les flics et les éléments des organes répressifs et de l’Etat en général.
La bourgeoisie et ses chiens sont nos ennemis absolus.
La spécificité de la classe ouvrière
Les ouvriers sont présents sur le lieux de production et ce sont eux qui créent la plus-value. Ils sont les plus exploités et ceux qui n’ont strictement aucun intérêt au capitalisme. La classe ouvrière est donc la classe d’avant-garde de la révolution. C’est la seule classe révolutionnaire jusqu’au bout.
Comme toute classe ses membres sont influencés par les autres classes. Il existe des contradictions.
Parmi les couches populaires il y a eu un fort vote Sarkozy. Il y a aussi parmi les couches intermédiaires les votes réformistes par espoir de maintenir la situation.
De par la situation en mouvement des classes sociales, il y a dans ces classes des éléments de gauches (plus proches des intérêts prolétariens), des éléments de droite (idées petites-bourgeoises, vendues à la bourgeoisie) et des éléments de centre qui balancent entre les deux.
Parmi les exclus on peut ainsi trouver des tendances à la radicalité, à l’action violente, comme on peut trouver des tendances mafieuses et réactionnaires (recrutés pour une bouchée de pain dans les S.S et les S.A nazis).
Les étudiants ne forment pas une classe sociale uniforme. Parmi les étudiants on trouve des éléments qui se projettent dans la petite-bourgeoisie et d’autres dans le prolétariat. D’où une certaine instabilité. D’où une facilité à passer de la lutte ferme à la résignation. D’où une attirance pour la convergence des luttes avec le prolétariat mais aussi la présence de préjugés et d’illusions petite-bourgeoises.
Les lycéens et les étudiants peuvent jouer un rôle moteur, ils peuvent être l’élément déclencheur : jouer ainsi un certain rôle d’avant-garde, car ils se projettent vers l’avenir. Mais en fin de compte, sa lutte n’est rien sans le prolétariat. La bourgeoisie ne s’inquiète d’un mouvement de jeunesse que dans la mesure où ça peut entraîner le prolétariat (ex : mai 68). Les étudiants ne produisent pas de plus-value. Ils rejoignent la révolution par idéal alors qu’un ouvrier la rejoint par nécessité.
La conscience de classe
Seules deux classes ont un rôle moteur et entraînent les autres : la bourgeoisie et le prolétariat. Mais ce qui compte aussi c’est la classe de référence. Certains dogmatiques réduisent tout à l’appartenance sociale. Pourtant une partie de la petite-bourgeoisie et même certains bourgeois peuvent travailler à la cause prolétarienne (Marx et Lénine n’étaient pas des prolétaires).
Cela s’explique par la conscience que la classe ouvrière représente l’avenir et la bourgeoisie le passé.
A l’inverse une partie du prolétariat peut rejeter la cause prolétarienne et agir dans l’intérêt de la bourgeoisie.
L’appartenance à une classe ne suffit pas à donner tous les réflexes, toutes les idées qui vont dans le sens de son propre intérêt de classe. En d’autres termes, l’appartenance à une classe ne suffit pas à avoir une conscience de classe.
IV La chute du capitalisme est-elle inéluctable ?
L’extrait choisi du Manifeste finit ainsi : " Avant tout, la bourgeoisie produit ses propres fossoyeurs. Sa chute et la victoire du prolétariat sont également inévitables. "
Cela donne lieu à ce débat : la chute du capitalisme et de la bourgeoisie et la victoire du socialisme et du prolétariat sont elles aussi inéluctables qu’on le dit. Cela fait 160 ans que le Manifeste du Parti Communiste est sorti et on est encore sous le capitalisme ! Si le capitalisme doit finir par tomber, alors pourquoi toutes ces défaites ?
Plus le capital augmente, plus il a besoin d’utiliser la force de travail sur une large échelle. Plus ça va, plus il y a de prolétaires, plus ceux-ci sont exploités, plus leur opposition à la bourgeoisie devient forte.
Dans les pays dominants il faut prendre en compte une des conséquences de l’impérialisme : les surprofits réalisés dans les pays dominés permettent de faire vivre une couche parasitaire (l’aristocratie ouvrière) et des couches petites-bourgeoises. Il y a de façon générale de plus en plus d’ouvriers. Mais dans les pays dominants il peut y en avoir moins.
Le mouvement ouvrier est aussi encore jeune, comparativement à la bourgeoisie qui a mis des siècles avant de s’imposer.
D’une façon générale aussi la bourgeoisie domine la vie économique et politique : elle domine nos pensées, celles des prolétaires. La petite-bourgeoisie à la tête des luttes déguise la lutte des classes : elle fait croire à une moyennisation de la société et donne des illusions aux ouvriers.
La perspective ne peut être que développer la conscience de classe.
Quelles perspectives ?
Comment faire ? Si l’on s’en tient là, cela ne reste que de la théorie, de la contemplation. Cela serait défaitiste.
Quels moyens avons-nous pour mener ce travail ?
Par l’action politique : par un parti qui travaille dans les luttes. La lutte des classes n’est pas spontanée et uniforme. Elle est multiforme et doit être organisée.
Aujourd’hui comme il n’y a pas de parti communiste donc représentant les intérêts du prolétariat, c’est la petite-bourgeoisie qui dirige la lutte de classe du prolétariat. Par exemple c’est un ingénieur (Bernard Thibault) qui est à la tête de la CGT et qui impose les visions petites-bourgeoises (collaboration de classe, défaitisme, etc).
Le prolétariat doit s’allier les couches populaires (petites-bourgeoises) : mais pas l’inverse. C’est à la petite-bourgeoisie de rallier la position prolétarienne.
Il faut donc avoir une politique parmi toutes les classes intermédiaires pour les rallier au prolétariat.
.
Ce texte est un compte-rendu du cycle de lecture/débat que nous organisons à l’université. Il synthétise le débat et nos interventions. Il n’a donc pas pour nous une valeur complète, exhaustive mais peut servir de point de départ à qui veut se renseigner sur les notions fondamentales du communisme.
Prochain texte : l’impérialisme